Céréales... entre ville et campagnes

Texte sous forme d’entretien avec Livia Cahn à propos des activités de Li Mestère et du rôle des céréales dans l’histoire longue des rapports entre ville et campagnes.
Ecrit pour la revue La Mauvaise Herbe de l’Université Populaire d’Anderlecht...
Mots clés : Texte

Texte sous forme d’entretien avec Livia Cahn à propos des activités de Li Mestère et du rôle des céréales dans l’histoire longue des rapports entre ville et campagnes.
Ecrit pour la revue La Mauvaise Herbe de l’Université Populaire d’Anderlecht...



Pour commencer, peux-tu nous parler du contexte actuel de la culture céréalière en Belgique ?
La plus grande quantité des céréales produites de nos jours en Belgique ne serviront pas à nourrir des humain.e.s mais plutôt à fabriquer des bio-carburants ou à engraisser du bétail...
Or, pour une bonne part, il s’agit pourtant de variétés panifiables ! Les meuneries et les boulangeries industrielles déclassent ces grains car ils ne répondent pas aux critères que ces fleurons de l’agro-alimentaire ont progressivement mis en place afin de pouvoir intensifier leurs processus de production. Le fameux gluten par exemple : la sélection variétale moderne cherche continuellement à renforcer la "ténacité" de cette protéine insoluble car elle confère aux pâtes une force et une élasticité telles que celles-ci supportent la violence d’un pétrissage mécanique intensif, s’accommodent de l’extrême rapidité des processus de panification et parfois même d’un passage au congélateur.
Une des conséquences de ce déclassement quasi systématique est le faible prix de vente des grains récoltés sur le marché céréalier (par ailleurs toujours plus "mondialisé"). Dans ces conditions, un des seuls moyens dont disposent les agriculteurs afin d’obtenir un revenu "passable" est d’augmenter les quantités produites.
D’où l’utilisation intensive d’engrais de synthèse et la création de variétés de céréales capables de les "valoriser". De là : l’usage de "raccourcisseurs" chimiques qui empêchent ces variétés "améliorées" (dites "à haut rendement") de verser sous le poids de leurs épis gavés. De là : l’obligation de recourir à des herbicides car les plantes ainsi nanifiées ne peuvent plus concurrencer efficacement les adventices. Et de là aussi – vu la densité des semis et la prolifération des maladies ainsi conviées : l’usage de fongicides et d’insecticides...
Bref : l’engrenage toxique de l’agriculture dite "conventionnelle"... aux prises, il est vrai, avec les tenaces habitudes de consommation induites par la société capitaliste et marchande !

La suite ?





Le site de la revue La Mauvaise Herbe :
https://universitepopulairedanderlecht.wordpress.com/recherches/revue/
Le site de Li Mestère : https://www.limestere.be/


Documents